Question by bianca: Est -il vrai que les séropositifs doivent éviter de manger les viande rouges et les produits laitiers?
Bonjour,
J'ai lu il y a pas longtemps, un livre sur la santé par l'alimentation, et j'ai été surpris de voir que le même livre conseillait aux personnes vivant avec le VIH d'éviter de préference la consommation des viandes rouges et des produits laitiers en grande quantité alors que ces aliments sont riches en proteïnes! j'ai besoin de votre opinion. Merci!
Best answer:
Answer by domi1959liege
De la diététique à l’usage des séropositifs
Pratique : Faire face aux effets secondaires de long cours
samedi 1er mai 1999
Les mesures hygiéno-diététiques sont une des pistes à explorer pour faire face aux anomalies métaboliques appelées à tort lipodystrophies. En effet, un régime hypolipidémiant (pauvre en graisses) et hypoglucidique (pauvre en sucre) adapté au cas par cas, semble apporter une solution alternative à certains de ces problèmes. Mais leur efficacité à long terme reste à démontrer.
Ces anomalies métaboliques sont une insulino-résistance [1] entraînant, entre autre, une hyperglycémie [2], une hypertriglycéridémie [3] et une hypercholestérolémie [4]. Elles déstabilisent le fonctionnement normal de l’organisme et augmentent le risque de cardiopathies [5] et de pancréatites, mettant en jeu le pronostic vital des malades. C’est pourquoi les cliniciens s’y intéressent de plus en plus. On peut limiter les risques grâce à un régime alimentaire dont le principe est de diminuer les apports des aliments participant à la synthèse des triglycérides et du cholestérol, tout en conservant un apport énergétique adapté à l’activité de chaque individu. Car on sait depuis longtemps que les sujets séropositifs augmentent leur consommation énergétique par rapport aux sujets séronégatifs, et le but de la manœuvre ce n’est pas vous faire perdre du poids. Comme référence, on peut dire qu’un sujet séropositif ayant une activité physique modérée a besoin d’un Apport Énergétique Journalier [6] de 2 700 Kcal/j [7] pour un homme, et de 2 000 Kcal/j pour une femme (du fait de la différence de masse musculaire). Donc, tous les conseils diététiques qui vont suivre doivent être placés dans ce contexte, de façon à préserver un AEJ suffisant.
Précautions diététiques à propos des aliments contenant des graisses saturées
1. Les laitages
Le beurre : remplacez le par la margarine, certes moins bonne, mais on s’y fait. Vérifiez toujours qu’il s’agit bien de graisses d’origine végétale ou de poissons. Il existe sur le marché une margarine fabriquée à partir d’acides gras Oméga 3, les bons, commercialisée sous le nom de Primevère.
Les yaourts et les fromages frais : privilégiez les maigres à 20 % de matière grasse (M.G.) La créme fraîche : contrairement aux idées rècues, elle contient moins de matière grasse (de 20 à 40 %) que le beurre (60 à 80 %), mais évitez-la ou alors très maigre, et pas en cuisson.
Les fromages : il faut préférer les fromages à moins de 20 % de M.G. du poids sec, c’est à dire ceux à pâtes molles et de lait de vache (Camembert, Brie, St. Félicien, etc.). Les fromages à pâte cuites et dures (Comté, Emmenthal, Cantal, Parmesan,etc.) ont plus de M.G. au poids sec, et les fromages de chèvre et de brebis sont très riches en cholestérol (féta, crottins, etc.). N’oubliez pas que les fromages râpés et le Parmesan étant à pâte cuite et dure, sont aussi à limiter.
2. Les viandes grasses
Le porc : préférez le jambon dégraissé et découenné, ou le filet de porc.
Les volailles : évitez la peau et les volailles rouges (le canard, l’oie, le lapin).
Le mouton et l’agneau : préférez le gigot maigre.
Le boeuf : préférez tous les morceaux maigres et dégraissés, pas de viande persillée.
Le veau : une des viandes les moins grasses.
Les abats : ils sont riches en cholestérol, pas de problème si votre cholestérol est normal. Sachez aussi que le fer des abats qui en sont riches, tel que le foie, augmente le stress oxydatif et majore donc une situation déjà aggravée chez les séropositifs.
Les charcuteries : à éviter car elles sont riches en graisses animales, surtout de porc.
3. Les œufs
Ils sont très riches en cholestérol, surtout le jaune, ne dépassez pas 6 œufs par semaine.
4. Les poissons
Il est bon de privilégier au maximum les poissons de façon générale, mais surtout les poissons dits "gras", car ils sont riches en acides gras poly-insaturés, les bons, surtout ceux de la famille des Oméga 3 : le saumon, le thon, les sardines, les maquereaux, les harengs, la raie, etc.
5. Les crustacés
Limitez ceux riches en cholestérol : huîtres, crabes, langoustes, crevettes, oursins, etc.)
6. L ’alcool
Il faut évidemment (hic) éviter la consommation d’alcool, et pas seulement à cause des triglycérides, car le métabolisme de l’alcool surcharge le foie déjà très occupé avec le métabolisme des médicaments des multithérapies. Et pis encore, si vous êtes séropositif au VHB ou au VHC (hépatites B et C).
Faire baisser les triglycérides et le cholestérol
Il existe trois éléments qui augmentent le taux de triglycérides dans le sang : les sucres rapides, les sucreries d’une façon générale, les graisses saturées, essentiellement d’origine animale, et l’alcool. En limitant au maximum ces éléments, un grand pas est déjà fait.
Les sucres (glucides)
Dans la mesure du possible, il faut limiter au maximum l’apport de sucres rapides mais en même temps, il faut augmenter les sucres lents, les féculents : pâtes, riz et autres céréales, pommes de terre, pain, légumineuses etc. Un homme de taille moyenne avec une activité physique modérée doit consommer, au moins, 300 g/j [8] de féculants cuits ; et une femme dans les mêmes conditions, doit en consommer 250 g/j. Essayer de limiter le sucre dans les boissons chaudes (thé, café, etc.), les confiseries, les chocolats, les pâtisseries et viennoiseries, les sodas, les glaces, les jus de fruits (surtout s’ils contiennent du sucre rajouté), les fruits trop riches en sucre (les bananes, les raisins, les fruits rouges, les fruits secs, etc.)et en tout cas essayez de ne pas dépasser 300 g par jour soit trois petits fruits ou deux moyens, la confiture, le miel (pas plus d’une ou deux cuillères à café/j), les céréales contenant du sucre ou du miel et des fruits secs, etc. Cette liste n’est pas exhaustive, et ce sont peut-être les restrictions les plus difficiles à respecter car les rapports avec le sucre sont parfois très passionnels (j’en sais quelque chose).
Les graisses saturées
Lorsque ces graisses sont en excès, elles nuisent à l’organisme du fait de leur composition chimique qui favorise la production des athéromes [9]. Il s’agit essentiellement des graisses d’origine animale, il faut donc limiter les apports de ces graisses. Les apports journaliers recommandés (AJR) de graisses insaturées et poly-insaturées (lipides) ne doivent pas dépasser 50 g/j. Il faut privilégier les huiles végétales (d’olive, de soja, de colza, de pépins de raisin, de tournesol, etc.). Lesieur fabrique un mélange d’huiles végétales commercialisé sous le nom d’Isio 4. Ces huiles doivent être consommées crues de préférence pour éviter de les dénaturer et qu’elles deviennent saturées, vous pouvez les rajouter en fin de cuisson des plats plutôt qu’au début. Evidemment, les fritures sont à proscrire. Les AJR des lipides peuvent être divisés de la façon suivante : 30 g d’huiles (trois cuillerées à soupe par jour) pour les sauces et salades, 20 g de margarine (l’équivalent de deux petites plaquettes de beurre, celles qu’on donne à l’hôpital) pour les tartines. Faites attention aux aliments suivants : les laitages, à ne pas éliminer tout de même, car ils représentent un apport important en calcium et protéines, les viandes grasses , surtout les morceaux gras quelque soit la viande, et l’alcool (voir tableau 1).
Adjuvants
L’activité physique : Elle sert à réguler la distribution et le métabolisme des graisses (et pas uniquement). Faites donc un tour à la piscine de votre quartier ou allez faire le tour du parc le plus proche ou du canapé. Faites des abdominaux (ouf !) !
Maxepa
Quelques cliniciens conseillent de prendre du Maxepa® (gélules d’acides gras Oméga 3), car ils estiment qu’il apporte un bénéfice réel dans les hypertriglycéridémies. D’autres parlent d’une efficacité relative. En tout cas, il n’est plus remboursé par la sécurité sociale et le coût du traitement, en tenant compte des doses recommandées (6 gélules par jour), s’élève à 180 F/mois. On peut garder les gélules au frigo pour éviter les arrières goûts de poisson. La vitamine E (Toco 500®) : Certains estiment qu’elle est utile pour éviter l’oxydation des graisses ou pour diminuer la quantité de lipoprotéines participants au transport des triglycérides. En tout cas, elle diminue le stress oxydatif et la production des radicaux libres, augmentant les défenses de l’organisme.
Conclusion
Encore une fois, le sida a mis en exergue des problèmes sous-jacents, comme pour les problèmes liés à la précarité et à l’exclusion que cette maladie fait ressortir. Les problèmes hygiéno-diététiques liés aux habitudes alimentaires datent d’avant l’apparition des troubles lipoglucidiques. Gardez toujours à l’esprit que malade ou pas, il est important pour la santé de manger équilibré, c’est à dire, que chaque repas doit apporter des lipides (graisses), des glucides (sucres) et des protides. Éviter le grignotage en mangeant des repas complets et aux heures régulières. Buvez beaucoup d’eau (sauf si vous êtes insuffisant rénal), ça ne fait pas de mal et en plus, ça permet d’éliminer les toxines.
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N'importe quoi...Y'a vraiment des bouquins qui racontent de très grosses bêtises!
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